Comment les infirmes se rassemblaient chaque matin à la porte de la cellule de Jésus (sur lui la paix), désirant être guéris par sa prière

La table de l’homme spirituel est comparable à la cellule de Jésus : ô affligé, prends garde, prends garde. N’abandonne pas cette porte.

De tous côtés, les gens se rassemblaient — aveugles, boiteux, paralysés, vêtus de haillons,

300 A la porte de Jésus, le matin, afin que par son souffle il les guérisse de leurs maux.

Dès qu’il avait terminé ses prières, cet homme pieux sortait à l’aube,

Et voyait des masses de gens faibles et affligés seuls à la porte attendant avec espoir,

Alors il disait : « Ô vous qui êtes misérables, les désirs de tous ceux qui sont présents ici ont été examinés par Dieu.

« Allez, partez, sans souffrance ni peine, vers le pardon et la bonté de Dieu. »

Tous, tels des chameaux entravés dont tu détaches les genoux avec sollicitude,

A sa prière se mettaient à courir, se hâtant gaiement et joyeusement vers leurs demeures.

Toi aussi, tu as éprouvé en toi-même bien des maladies, et tu as obtenu la santé grâce à ces rois de la religion.

Combien de fois ta claudication n’a-t-elle pas été transformée en une démarche aisée, combien de fois ton âme n’a-t-elle pas été délivrée du chagrin et de la douleur ?

Ô insouciant, attache une corde à ton pied, afin de ne pas devenir perdu pour toi-même.

310 Ton ingratitude et ton oubli ne se sont pas remémoré le miel que tu as bu jadis.

Inéluctablement, cette voie t’est devenue fermée, car les cœurs des « hommes du cœur » ont été affligés par toi.

Hâte-toi à leur rencontre et implore le pardon de Dieu, pleure lamentablement, comme un nuage,

Pour que leur roseraie t’offre ses floraisons, et que les fruits mûrs s’ouvrent et se révèlent.

Tourne autour de cette même porte, ne te montre pas inférieur à un chien, si tu es devenu un serviteur compagnon du chien de la Caverne,

Car les chiens eux-mêmes exhortent les chiens, disant : « Attache ton cœur à ta première demeure.

« Tiens-t’en fermement au premier seuil où tu as mangé des os, et remplis tes obligations : ne laisse pas cela. »

Ils ne cessent de mordre (le chien étranger) afin que son sentiment du devoir le fasse aller là-bas et bénéficier de sa première demeure.

Ils le mordent, disant : « Ô mauvais chien, va-t’en. Ne deviens pas l’ennemi de ton bienfaiteur.

« Sois attaché, comme l’anneau de la porte, à cette même porte ; fais le guet, et sois agile et prêt à bondir,

320 « Ne sois pas l’image de notre absence de fidélité, ne manifeste pas d’infidélité.

« Puisque la fidélité est la qualité par laquelle sont renommés les chiens, va-t’en et n’apporte pas l’opprobre et la mauvaise réputation aux chiens. »

Étant donné que l’infidélité a toujours été une honte, même pour les chiens, comment trouverais-tu juste de témoigner de l’infidélité ?

Dieu le Très-Haut s’est vanté de fidélité : Il a dit : « Qui donc tient son pacte mieux que Dieu 9 ? »

Sache que la fidélité envers d’autres que Dieu est infidélité. Nul n’a la précellence sur les droits de Dieu.

Le droit de ta mère n’a existé qu’après que le Généreux l’eut rendue redevable de ton embryon.

Il t’a octroyé une forme à l’intérieur de son corps, Il lui a donné de l’endurance pendant sa grossesse et l’a habituée (à son fardeau).

Elle te considérait comme une partie d’elle-même ; la Providence sépara d’elle ce qui lui était uni.

Dieu a préparé des milliers de moyens et de dispositions afin que ta mère t’accorde son amour.

C’est pourquoi le droit de Dieu vient avant celui de la mère ; quiconque ne reconnaît pas ce droit est un âne.

330 (Si tu le nies), n’admets donc même pas qu’il a créé la mère, la mamelle et le lait, et l’a unie au père.

Ô Seigneur, ô Toi dont la bienfaisance est éternelle, à Toi est à la fois ce que je connais et ce que je ne connais pas.

Tu as ordonné : « Rappelle-toi Dieu, car Mon droit ne sera jamais désuet.

« Souviens-toi de la bienveillance que Je t’ai témoignée le matin où Je t’ai protégé dans l’Arche de Noé.

« Alors, J’ai donné à vos pères la sécurité à l’égard du Déluge et des vagues.

« L’eau, comme le feu, dans sa nature (néfaste) avait couvert la terre ; les vagues balayaient au loin les sommets les plus hauts des montagnes.

« Je vous ai protégés, je ne vous ai pas abandonnés, dans les corps des ancêtres des ancêtres de vos ancêtres.

« A présent que vous êtes parvenus au plus haut degré, comment vous ferais-je trébucher ? Comment laisserais-je Mon atelier être ruiné ?

« Comment devenez-vous dévoués aux infidèles en vous dirigeant dans cette direction à cause de vos mauvaises pensées ?

« Je suis dépourvu de négligence et d’infidélité, cependant vous venez à Moi avec de mauvaises pensées.

340 « Ayez ces mauvaises pensées à l’encontre du lieu où vous vous courbez devant quelqu’un de semblable à vous,

« Vous avez de nombreux amis et compagnons puissants ; si Je vous demande “Où est Untel ?” vous répondrez “Il est parti.”

« Votre bon ami est monté jusqu’au plus haut Ciel, votre méchant ami est descendu au fond de la terre.

« Vous êtes laissés au milieu, impuissants, comme un feu abandonné par une caravane. »

Ô ami courageux, attache-toi à Celui qui est libre d’« au-dessus » et d’« en dessous ».

Il ne monte pas au ciel, comme Jésus, ni ne descend dans la terre, comme Qarûn.

Il est avec toi, dans l’espace et dans le non-spatial, lorsque tu laisses derrière toi ta maison et ta boutique.

Il fait sortir la pureté des souillures, Il traite tes actes fautifs comme un accomplissement fidèle (du devoir).

Lorsque tu fais le mal, Il envoie un châtiment, afin que tu puisses retourner de l’imperfection à la perfection.

Quand tu as négligé une partie de tes oraisons sur la Voie, alors t’advient un sentiment de « resserrement », brûlant et pénible.

350 C’est là l’action corrective de Dieu, signifiant : « N’apporte aucun changement à l’ancien pacte,

« Jusqu’au jour où ce resserrement deviendra une chaîne et où ce qui à présent saisit le cœur deviendra une entrave attachant le pied. »

Ta souffrance mentale deviendra perceptible aux sens et manifeste. Vois à ne pas tenir cette indication pour nulle.

Les souffrances (spirituelles) qui adviennent dans le cas de péchés n’affectent que le cœur ; après la mort, ces peines deviennent de véritables chaînes.

« Quiconque ici-bas se sera détourné de mon Rappel, Nous lui donnerons une vie misérable (dans l’au-delà) et le punirons de cécité 10. »

Quand un voleur emporte les biens des gens, le souci et la tristesse du cœur troublent sa conscience.

Et il dit : « Je me demande ce qu’est cette tristesse ! » Réponds : « C’est la détresse de la personne spoliée qui a pleuré à cause de ta perversité. »

S’il ne tient pas compte de cette tristesse, le vent de la persévérance (dans le mal) attise le feu (mauvais).

Le resserrement qui saisit le cœur se transforme en la saisie du policier : inéluctablement, ces idées deviennent tangibles et se manifestent.

Les peines sont devenues une prison et une croix ; la peine est la racine, et la racine donne naissance à des rameaux.

360 La racine était cachée, elle est à présent révélée. Considère et ta tristesse intérieure et ton expansion comme une racine.

Quand c’est une mauvaise racine, arrache-la vite, afin qu’une vilaine ronce ne pousse pas dans le jardin.

Tu as senti la peine : cherche un remède à cela, parce que toutes les excroissances proviennent de la racine.

Tu as ressenti un sentiment d’expansion : arrose cette expansion, et quand le fruit apparaît, donne-le à tes amis.


Mawlana Mohammed Djalal od Din Rumi - Mathnawi, Livre III

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