PARTIE 2 LA NÉCESSITÉ DE LA RÉVÉLATION DIVINE - Dr. Muhammad Fazlur Rahman Ansari

PARTIE 2 LA NÉCESSITÉ DE LA RÉVÉLATION DIVINE

Chapitre 1 Problèmes 


1. LES PROBLEMES DE LA VIE HUMAINE 

Vivre signifie être actif et toute activité entraîne certains problèmes. Ces problèmes doivent être résolus avec succès afin que la vie humaine soit elle-même un succès. 

Si nous analysons les problèmes humains, nous constatons qu’ils se classent en deux catégories: (1) Les Problèmes Immédiats; et (2) Les Problèmes Ultimes. 

Les problèmes immédiats sont les problèmes pratiques du quotidien, tels que ceux qui concernent les besoins personnels immédiats des individus et ceux liés à l’administration de l’état, de la production, de la consommation et de la distribution des richesses, et aux relations entre les différentes nations du monde. Il n’existe pas d’être humain vivant sur terre qui n’ait pas à se confronter à ces problèmes d’une façon ou d’une autre au cours de son existence. La façon dont ils sont abordés et l’efficacité et le bon sens pratique dont on fait preuve relativement à leurs solutions forment la mesure du succès humain. 

En ce qui concerne les problèmes ultimes, tout être humain prenant la vie au sérieux s’y retrouve confronté dès qu’il atteint l’âge de la maturité, et qu’il ressent les contraintes, les fardeaux et les complications de la vie. La première question qui en découle est: « Que suis-je ? ». Tout être humain est plus proche de lui-même que de n’importe qui d’autre. Ainsi le premier questionnement devant émerger dans son esprit devrait naturellement concerner sa propre personne. 

La question « Que suis-je ? » est une question ayant trait à la nature des êtres humains. Mais cette simple question ouvre un champ entier de questions apparaissant en une chaîne continue et dont les maillons sont formés par le lien inviolable de la nécessité. La prise en compte de cette première question, en conséquence, mène à la suivante, c’est-à-dire: « D’où les êtres humains sont-ils venus ? ». Emerge ensuite une troisième question: « Quelle est la nature de la vie humaine ? ». Puis une quatrième: « Quels sont le but et la finalité de la vie humaine ? ». 

Toutes les questions posées précédemment sont, pour ainsi dire, personnelles. Cela dit, aucun être humain n’existe dans un vide. Il vit dans un monde infiniment et incommensurablement plus vaste que son infinitésimal caractère physique, et ce monde influence sa vie et ses actions à chaque pas. Ses aventures, ou plutôt, sa vie elle-même sont interconnectées avec le monde qui l’entoure, et en dépendent. Par exemple, si le soleil devait ne plus remplir sa fonction, l’environnement physique avec lequel il est en relation serait détruit. Ou, si la chaleur du soleil dépassait les valeurs moyennes ou tombait au-dessous jusqu’à certains niveaux, l’existence même des êtres humains sur terre deviendrait impossible. 

De ce fait, les questions concernant le Soi mènent à des questions sur le monde. La première question en découlant est: « Qu’est-ce-que ce monde ? », ce qui signifie en d’autres termes: « Quelle est la nature de ce monde ? » Mais la nature d’une chose ne peut être correctement appréhendée sans avoir une idée précise de l’origine de cette chose et de l’utilité de sa fonction. Ainsi, la question « Qu’est-ce ? » mène aux questions « Quand ? », « Comment ? », « D’où ? » et « Pourquoi ? » Autrement dit, surgit le questionnement suivant: « Quand le monde est-il apparu ? »; « De quelle source le monde tient-il son existence ? »; « A quelles fins évolue-t-il ? » et « Quelle est sa destinée finale ? ». 

Parmi ces questions concernant le monde, la question « Comment est-apparu le monde ? » anticipe une série de questions qui se suivent, c’est-à-dire: « Si ce monde est apparu de lui-même, comment cela est-il concevable, i.e., sur quelles bases ? » « Si le monde est apparu par une autre force, quelle est cette force ? » « Est-ce une force impersonnelle comme l’électricité, ou est-ce une personne ? » « Si l’on admet qu’il s’agit d’une force impersonnelle, cela implique que ce soit une force aveugle comme toutes les forces impersonnelles; et si c’est une force impersonnelle, comment l’intelligence, l’anticipation, la planification, la fonctionnalité et la loi peuvent-elles en découler ? » « Si c’est une personne, quelle est la nature et la constitution de cette personne ? » « Est-Il une personne comme nous – physique, hésitante, et sujette au processus de détérioration et à la mort, ou est-Il éternel ? » « S’Il n’est pas physique, que peut-Il être ? » « Est-Il fini ou infini ? » « Est-Il seul en nombre ou deux ou trois ou plus ? ». 

Les précédentes questions, en ce qu’elles concernent l’homme, le monde et Dieu, sont des questions ultimes (ou des problèmes fondamentaux). Les questions sont si vitales que chaque être humain pensant est forcé d’y faire face à un moment ou à un autre au cours de sa vie et elles sont en rapport si étroit avec les questions immédiates de la vie que quiconque ayant connaissance des problèmes humains admettra qu’elles ne peuvent être esquivées.


2. IMPORTANCE DES QUESTIONS ULTIMES 

DANS LA VIE PRATIQUE

D’aucun pourrait douter que ces questions ultimes soient après tout aussi importantes qu’il est dit qu’elles sont. En effet, la civilisation moderne sécularisée se base, pour tout aspect pratique, sur la notion selon laquelle ces questions ultimes n’ont rien à voir avec les problèmes pratiques immédiats de l’humanité et que tout l’intérêt que l’on puisse y porter ne pourrait être d’une autre nature qu’académique. En d’autres termes, ces questions ne sont destinées qu’aux philosophes, et aucune personne douée de sens pratique ne devrait gaspiller son temps et son énergie à les envisager. Mais si nous y réfléchissons en profondeur, nous sommes amenés, sur la base du bon sens, à conclure que ces questions ultimes sont infiniment plus importantes que les questions immédiates. 

Le problème peut être appréhendé sous différents angles. Mais il suffira ici de ne citer qu’un exemple illustrant l’importance des questions ultimes dans le champ des problèmes immédiats de la vie. Dans cette optique, nous allons discuter des conséquences pratiques de la croyance et de la non-croyance dans l’existence de Dieu. 

Envisageons en premier lieu la non-croyance dans l’existence de Dieu: s’il n’y a pas de Dieu et si le monde est apparu de lui-même, cela signifie qu’il est apparu par hasard

Si nous considérons la nature du « hasard » en soi, nous observons qu’il qualifie toujours un évènement qui n’a pas de cause préconçue. Dans tous les cas, on ne peut l’associer à un évènement planifié. Encore une fois, s’il n’y a pas de planification d’un évènement, il ne peut y avoir de but, car tout ce qui a un but est planifié, que la planification soit consciente (c’est-à-dire, basée sur l’appréciation intellectuelle) ou seulement instinctive. Pour résumer le propos, si le monde est apparu par hasard, c’est un monde aveugle et dépourvu de loi. En effet, le mot « hasard » lui-même, implique l’absence de loi. 

Alors, si le monde est dénué de loi dans sa constitution inhérente et si tout ce qui en est né est aussi dans sa nature dénuée de loi, cela implique que la formulation de toute loi par les êtres humains, que ces lois soient scientifiques, éthiques, politiques ou économiques, est une violation de la nature humaine et de la nature du monde lui-même. Mais les êtres humains ne peuvent exister sans loi. C’est pourquoi ils se voient forcés d’abandonner l’hypothèse athée de l’existence du monde pour pouvoir mener leur vie. S’ils ne le font pas et s’ils portent l’hypothèse athée vers ses conséquences logiques, la seule loi qu’ils peuvent établir pour eux-mêmes serait la loi de la jungle dans l’administration politique et le règne de l’opportunisme dans la vie morale. 

De l’autre point de vue, c’est-à-dire l’affirmation de la foi en l’existence de Dieu, si nous croyons que Dieu existe et qu’Il a créé le monde, cela signifie que le monde est apparu selon une création planifiée, qu’il fonctionne par un système de lois et qu’il évolue vers une finalité. Autrement dit, la planification, la finalité et les lois sont inhérentes à la constitution propre du monde. Cela, à son tour, fournit les bases pour chaque branche des lois humaines éthiques, politiques, économiques et ainsi de suite.


Chapitre 2 

Une Source de Gouverne – Laquelle ? 


Il existe trois prétentions dans le champ de la gouverne et chacune d’elle prétendent qu’elles peuvent guider l’humanité relativement aux problèmes ultimes de la vie. Ces prétentions sont – (1) La Science; (2) La Philosophie; (3) La Religion. Nous allons traiter chacune d’elles une par une et examiner la validité de ce qu’elles prétendent.


1. LA SCIENCE 

La Science moderne est entrée dans le champ de la pensée humaine en tant que branche de savoir pouvant tout résoudre au milieu du XVIIIème siècle. La raison de cette nouvelle attitude de la Science ne vient pas de ce qu’elle avait découvert des instruments de connaissance tels qu’ils lui permettaient d’appuyer cette prétention. Plutôt, ce fut purement une affaire de sentiments. 

La Science est venue à l’Occident moderne depuis le monde de l’Islam. Ce furent les Musulmans, qui, après la conquête de certaines parties de l’Europe, en particulier l’Espagne, établirent les premières universités, les premiers observatoires scientifiques, laboratoires et bibliothèques sur le sol de l’Europe, et les premiers scientifiques chrétiens qui, après des siècles d’obscurantisme et d’ignorance, allumèrent la torche de la connaissance scientifique en Angleterre, en France, en Allemagne et ainsi de suite, furent les élèves de maîtres musulmans. Le Christianisme, bien distinct du Message original du Saint Prophète Jésus (paix sur lui), avait été antiscience et anti-raison depuis le départ. En effet, ce fut le Christianisme qui éteignit toute lumière de connaissance pouvant être trouvée en Grèce, en Egypte et en Syrie quand il devint puissant politiquement. De plus, comme nous l’avons déjà établi, la Science vint à l’Occident moderne à travers les Musulmans, que les Chrétiens voyaient comme leurs ennemis les plus mortels. De là, l’Eglise Chrétienne persécuta les scientifiques, les brûla au piquet et les pendirent aux potences. 

Cette persécution violente fit des scientifiques occidentaux non seulement les ennemis de l’Eglise Chrétienne mais de toute Religion, et parce que la religion en elle-même s’intéresse essentiellement aux problèmes ultimes de la vie humaine et que de ce fait elle exige la loyauté des êtres humains, les scientifiques pénétrèrent le domaine des problèmes ultimes et commencèrent au nom des faits scientifiques à s’opposer aux enseignements du Christianisme sur des problèmes tels que l’origine de l’homme, l’origine du monde, l’existence du monde surnaturel et l’existence de Dieu. Ainsi, Darwin, par exemple, chercha à démontrer que l’homme n’était pas un être supérieur ainsi que l’enseignait la religion, qu’il n’était pas un être créé à l’’image’ de Dieu, mais juste un animal parmi les animaux – simplement une variété plus évoluée de singes ! En effet, il tenta de retracer l’origine des êtres humains à la plus basse forme de vie, à savoir, l’amibe, et affirma que les espèces avaient évolué à travers le processus de transmutation, et que la position de plus puissant des animaux de l’homme était juste due au hasard et pas le fait d’un décret Divin. Sa pensée globale était en fait antireligieuse, et d’autres après lui vinrent grossir la liste des erreurs des enseignements chrétiens au nom des faits scientifiques. 

La question demeure: « La Science est-elle vraiment capable de répondre aux ultimes questions sur la base de la connaissance certaine ? » La réponse à cette question repose dans l’analyse de la Méthode Scientifique. 

D’un point de vue scientifique, toute observation fait intervenir trois facteurs: (1) L’Observateur, (2) L’Objet qui est observé, (3) Les Conditions sous lesquelles l’observation se fait. Examinons ces facteurs et voyons s’ils sont variables ou stables, afin de comprendre s’il est possible de parvenir à la connaissance certaine des questions ultimes sur la base de l’Observation

Le premier facteur est l’observateur. L’observation varie forcément d’un observateur à l’autre, car les différents êtres humains ne possèdent pas tous des pouvoirs d’observation identiquement précis et pointus, pas plus en ce qui concerne leurs sens physiques de la vue, de l’odorat, de l’ouïe, du goût et du toucher qu’en ce qui concerne l’intellect qui coordonne les informations que le cerveau obtient à travers les sens physiques. Par exemple, une personne peut-être daltonienne ou myope et ainsi son observation différera toujours de celles qui jouissent de ce que l’on appelle une vue normale. De même, une personne peut être malentendante, ou peut avoir perdu le sens de l’odorat ou de la discrimination du gout ou le sens du toucher, ou peut être idiote ou lunatique. C’est donc un fait bien établi que le premier facteur dans chaque observation est un facteur variable, ce qui veut dire que différentes observations peuvent varier sur la base de ce facteur.

Le second facteur est l’objet observé. Cela ne demande pas une réflexion poussée pour comprendre que plus un objet est proche, plus il est concret et compréhensible, plus la possibilité que l’observation correcte est grande; et plus un objet est reculé, plus il est subtil et insaisissable, moins une observation correcte devient possible, et même l’observation en elle-même. Par exemple, si nous devons comprendre les propriétés chimiques du chlorure de sodium ou du carbonate de calcium, il est facile de s’en procurer dans sa forme standard. Aussi, c’est quelque chose de concret et cela peut être examiné dans un tube à essai. Mais même parmi les objets proches, si nous nous tournons vers la Physique Atomique, et tentons d’observer le comportement de l’atome, cela est forcément une tâche difficile, que l’atome concerné soit le sodium, ou le calcium, ou le carbone. Par exemple, si nous tentons d’observer les strates interplanétaires, alors naitront nécessairement différentes opinions, ce qui est le cas aujourd’hui. En tout état de cause, même dans le cas d’un objet comme la Lune qui est une source de joie pour l’enfant qui l’observe, l’observation scientifique est mendiante de précision. Par exemple, il y a quelques temps, les scientifiques étaient tombés d’accord sur un certain calcul de la distance entre la Terre et la Lune. Mais à présent ils affirment que ce calcul est faux et que la distance réelle est plus grande que ce que l’on croyait initialement. 

En arrivant à présent au troisième facteur, c’est-à-dire, les conditions sous lesquelles l’observation est faite, nous constatons que lui aussi est un facteur variable. Par exemple, si nous prenons une canne à pêche et en trempons une partie dans l’eau, plaçant ainsi une portion dans le milieu de l’eau et gardant l’autre portion dans le milieu de l’air, nous observons que la canne droite apparaît brisée au point ou l’air et l’eau se rencontrent, alors que si on l’observe dans un seul milieu, soit l’air ou l’eau, elle apparait toujours droite. Ce changement normal dans l’apparence de la canne est uniquement dû au changement des conditions d’observation et en aucune façon à un changement de la structure de la canne. Un autre exemple classique est la variation de la distance d’observation à l’objet. Par exemple, lorsque nous regardons à distance les sables désertiques dans la chaleur suffocante du soleil, ils peuvent nous apparaître comme une large nappe d’eau – ce phénomène commun est connu dans le désert sous le nom de mirage. La fausse nature de cette observation ne devient connue de nous que lorsque nous nous approchons de cette prétendue nappe d’eau. Cela signifie que si nous nous contentions de la première observation, nous resterions toujours dans une mauvaise compréhension de la supposée étendue d’eau. 

Nous venons d’établir que les trois facteurs qui constituent une observation scientifique sont variables. En d’autres termes, n’importe quelle et chaque observation scientifique est susceptible de varier dans son exactitude selon un, deux ou l’ensemble de ces facteurs. La marge d’erreur de l’observation scientifique s’élargit à mesure que les objets observés deviennent plus subtils et plus distants. Cela implique que les sciences physiques peuvent s’avérer être un bon guide et une source de savoir uniquement en ce qui concerne les problèmes les plus physiques et immédiats – même si là encore nous ne sommes pas immunisés contre l’erreur. De fait, elles ont fait beaucoup d’erreurs, ce qui est bien connu de chaque étudiant en histoire des sciences. Considérant les problèmes ultimes, qui comprennent parmi eux l’univers entier et tous les aspects de l’existence, il devrait être très clair, même pour une personne d’intelligence ordinaire, qu’il serait extrêmement non scientifique et même stupide d’attendre des sciences physiques des solutions exactes et sûres. 

Nous avons affirmé ci-dessus que les sciences physiques ne peuvent nous apporter la connaissance certaine dans tous les cas même en ce qui concerne les objets physiques proches. Illustrons ce fait par des exemples. Le corps humain est l’objet physique le plus proche pouvant être observé par un scientifique. Mais malgré le fait que les sciences physiques portent l’homme jusqu’à la lune, elles n’ont pas réussi, même jusqu’à maintenant, à maîtriser entièrement les mystères du corps humain. Par exemple, le système médical allopathique et le système médical homéopathique ont tous deux rencontré virtuellement le même succès dans le traitement des maladies humaines. Cependant les conceptions de la nature humaine sur lesquelles elles reposent respectivement sont diamétralement opposées. Cela signifie clairement qu’aucune d’entre elles n’est à ce jour parvenue réellement et en toute compréhension à saisir les mystères du corps humain (même dans son aspect physique). De même, nous devons garder à l’esprit que si la science médicale, qui fait partie des sciences physiques, avait brillamment réussi à connaître avec certitude, précision et exhaustivité les aspects physiques de la nature humaine et les remèdes nécessaires à la guérison des différentes pathologies humaines, la marge d’erreur dans la guérison de ces pathologies serait devenue nulle, – ce qui aujourd’hui n’est pas le cas. En ce qui concerne les détails du corps humain, ici encore le même défaut de précision et de finalisation existe. Par exemple, il y eut un temps où les scientifiques de l’école allopathique de médecine estimaient que les appendices et les amygdales ne servaient à rien et qu’ils pouvaient même être expulsés du corps à titre de précaution. Le credo scientifique sur les appendices fut martelé avec tant de véhémence qu’il donna naissance au proverbe anglais, c’est-à-dire: « aussi inutile qu’un appendice ». Mais la pensée médicale s’oriente de plus en plus vers la sauvegarde de l’intégrité de ces organes. 

Nous pouvons également donner un exemple concernant le changement perpétuel du caractère des conclusions scientifiques au regard des problèmes ultimes. Laissons de côté la pensée scientifique pré-newtonienne, afin de nous montrer plus charitable, et examinons l’ère qui commence avec la physique newtonienne, considérée comme l’ère de la maturité scientifique. Mais quelle situation retrouvons-nous ici de nouveau? Sir Isaac Newton affirma et proclama au monde que l’univers était tridimensionnel et que l’Espace et le Temps étaient deux entités distinctes et indépendantes. Tout le progrès scientifique ultérieur procéda sur la base de cette affirmation. Les scientifiques la considéraient comme une vérité infaillible, qu’ils défendirent et par laquelle ils jurèrent continuellement. Mais vint ensuite Einstein qui prouva, cette fois encore scientifiquement que la physique newtonienne reposait sur des fondements erronés, que l’univers n’était pas tridimensionnel mais quadridimensionnel, que le Temps était la quatrième dimension de l’Espace et non une entité indépendante, qu’au lieu de l’immuabilité (de laquelle a découlé le matérialisme), il existait une indétermination dans l’univers (ce qui rend possible l’affirmation scientifique de l’existence de Dieu), – et la Science s’est employée depuis lors à démontrer que la Matière est elle-même intangible. Qui sait si demain un autre scientifique ne viendra pas exploser à son tour la Physique d’Einstein ? (1)

Notes :

1. Les faits auxquels nous nous référons sont connus de tous les historiens et ont été établis par les autorités les plus éminentes d’Occident et d’Orient. Par exemple, le célèbre orientaliste anglais, Marmaducke Pickthall, dit: 

« Le Coran a indéniablement donné une grande impulsion à l’apprentissage, en particulier dans le domaine des sciences naturelles: et, si, ainsi que l’ont déclaré certains auteurs contemporains, la méthode inductive, à qui l’ont doit principalement toutes les découvertes pratiques modernes, peut être retracée vers lui, alors il pourrait être qualifié de cause du progrès scientifique moderne et matériel. 

« Les Musulmans ont mené leurs propres recherches au nom de Dieu à l’époque où les Chrétiens détruisaient tous les enseignements des anciens au nom du Christ. Ils avaient détruit la Bibliothèque d’Alexandrie, assassiné un grand nombre de philosophes y compris la magnifique Hypatie. Apprendre était pour eux un piège du diable adoré des païens. Aucune injonction ne leur était faite de ‘chercher la connaissance quand bien même elle fut en Chine’. Les manuscrits des enseignements grecs et romains étaient publiquement brûlés par les prêtres. 

« … le globe terrestre rotatif faisait partie de l’équipement éducatif des universités espagnoles musulmanes à l’époque où l’érudit Bruno fut brûlé à petit feu par l’Inquisition pour son soutien à la théorie copernicienne, et avant que le plus illustre encore Galilée fusse forcé par la persécution de se rétracter et de signer une déclaration solennelle selon laquelle la Terre était immobile ainsi que le disait la Bible. On dit qu’il murmura dans un souffle, accolant son nom au mensonge: E pur se Muov (« Et pourtant elle tourne »). C’est dans les enseignements des universités espagnoles musulmanes que Christophe Colomb apprit la notion selon laquelle la Terre était ronde, bien qu’il fut contraint par la persécution de se rétracter par la suite. Quand nous nous souvenons que les universités espagnoles musulmanes à l’époque du Calife Abdur Rahman III et que les universités musulmanes orientales à l’époque de Al Ma’mun – je mentionne ces deux monarques car leurs règnes sont particulièrement documentés – accueillaient les étudiants juifs et chrétiens sur un pied d’égalité avec les Musulmans ; non seulement cela, mais aussi que des centaines d’étudiants chrétiens du sud de l’Europe et des pays de l’est profitèrent de leur chance d’échapper aux mailles du leader ecclésiastique ; nous pouvons facilement prendre la mesure de la profondeur de la gratitude que le progrès européen doit à l’Islam, alors qu’il ne doit strictement rien à l’Eglise Chrétienne, qui persécuta, tortura, et brûla même les savants. » (Islamic Culture, pp. 64, 67, 68). » 

L’érudit auteur de Islam in the World dit (pp. 142-149): 

« L’influence du puissant mouvement culturel islamique en Espagne s’est fait ressentir à travers toute l’Europe. Petrus Alfonsi (né en 1062), qui étudia dans les écoles médicales arabes, est venu en Angleterre depuis l’Espagne pour devenir le médecin du Roi Henri Ier et, en 1120 a collaboré avec Walcher, Prieur de Malvern, dans la production d’une traduction du traité astronomique d’Alfonsi, basé sur des sources arabes. En Angleterre leurs efforts réunis représentent le premier impact des enseignements arabes. L’effet fut rapide car immédiatement après Adelard de Bath obtint une distinction pour avoir été le premier homme de science important d’Europe, en dehors de l’Espagne. Il vint à Tolède, et y fit une étude spéciale des enseignements arabes. Les liens culturels ainsi formés entre l’Angleterre et l’Espagne musulmane étaient destinés à produire d’importants résultats. Ils stimulèrent en Angleterre le désir de nouveaux enseignements philosophiques et scientifiques et menèrent aux réalisations de Michael Scot (1175-1232) et de Roger Bacon (1214- 1294). 

« Scot se rendit à Tolède afin d’acquérir la connaissance de la langue arabe et de la philosophie arabe. A Oxford, Roger Bacon rencontra un génial succès en tant que défenseur de la nouvelle philosophie arabe aristotélicienne. Dans la bibliothèque du Dear and Chapter de la Cathédrale de Canterbury, on trouve un lumineux manuscrit du XIIIème siècle, ‘Vetus Logica’, le commentaire le plus ancien connu traitant de la Logique d’Aristote, produit en Angleterre juste après la ‘renaissance’ arabe de la philosophie aristotélicienne. Parmi ces érudits venus d’Angleterre en Espagne, il y eut Robert d’Angleterre (prospéra en 1143), premier traducteur du Coran, Dental Morley (prospéra en 1170), etc. L’œuvre de Roger Bacon ‘Optics’ est basée sur le ‘Theraurus opticae’ d’Alhazen. Les enseignements d’alchimie de Jabir ibn Hayyan (Geber) et d’autres auteurs arabes apparaissent dans les ouvrages d’Albert Magnus, Vincent de Beauvais, etc. 

« Dans une étude récente du ‘Madrid School of Spanish Arabists’ (une école qui se consacre à l’étude de la civilisation islamique en Espagne et à son influence sur la civilisation chrétienne de la péninsule ibérique ainsi que du reste de l’Europe), Julian Ribera démontre que beaucoup des institutions de l’Espagne Chrétienne ne sont rien d’autre qu’une copie ou une imitation d’institutions similaires de l’Espagne musulmane. Il a découvert des sources arabes dans les doctrines de certains penseurs et dans certaines chansons de forme poétique du Moyen Age, et dans les musiques et chansons des troubadours et ménestrels de l’Andalousie Médiévale. Don Miguel Asin Palacios, en étudiant les origines de la philosophie en Espagne, retrace les influences de penseurs arabes tels qu’Avempace, Averroes, Abenarabi, Abenmasarra et d’autres. Il affirme également que l’on devrait chercher la clé de la Divine Comédie de Dante dans les légendes islamiques traitant du voyage nocturne de Muhammad (paix et bénédictions sur lui). Il est démontré par la suite qu’historiographes, mathématiciens et lexicologues, etc, doivent beaucoup à leurs prédécesseurs musulmans d’Espagne. 

« Emmanuel Deutsch dit: ‘Avec l’aide du Coran les Arabes ont conquis un monde plus grand que celui d’Alexandre le Grand, plus grand que celui de Rome, et en autant de décennies pendant lesquelles cette dernière voulait entraîner les hommes par centaines dans l’accomplissement de ses conquêtes ; avec cette aide donc, seuls parmi les Sémites, ils vinrent en Europe en tant que rois, là où les Phéniciens étaient venus en tant que marchands, et les Juifs en tant que fugitifs ou captifs. Ils vinrent en Europe pour éclairer l’humanité, eux seuls, alors que l’obscurantisme régnait, pour faire renaître la sagesse et la connaissance helléniques d’entre les morts, pour enseigner la philosophie, la médecine, l’astronomie et l’art du chant à l’Occident ainsi qu’à l’Orient, pour veiller au berceau de la science moderne, et pour nous laisser, nous, successeurs littéraires, pour l’éternité pleurer sur le jour qui vit tomber Grenade ».


2. LA PHILOSOPHIE 

L’ensemble de la philosophie peut-être généralement classée en quatre écoles, à savoir: i) Le Rationalisme Formel, ii) L’Empirisme, iii) Le Criticisme, iv) Le Rationalisme Empirique. Parmi ces quatre, ii) et iii) ne mérite pas notre considération dans le contexte de notre présente problématique et ceci pour des raisons bien définies. Le numéro ii), c’est-à-dire l’empirisme, considère que la seule source d’acquisition de la connaissance vient de l’expérience des sens. Cela implique que la philosophie empirique ne peut même pas prétendre essayer de comprendre la Réalité dans sa globalité, car dans leur nature même les sens humains sont très limités dans leurs gammes respectives, et aussi sujets à l’erreur, ce que nous avons déjà constaté dans la section sur la Science. En effet, la seule conséquence naturelle et logique de l’empirisme est le scepticisme, c’est-à-dire que nous ne pouvons connaître la Réalité. Autrement dit, la philosophie de l’école empirique peine à répondre aux questions ultimes. En ce qui concerne le numéro iii), à savoir le criticisme, il affirme qu’à la fois la Raison et les Sens sont sources de savoir mais que chacune d’elles sont des sources très limitées. Par conséquent, la connaissance du monde que nous pouvons obtenir à travers elles ne peut être que très limitée dans sa gamme ainsi que dans sa nature. En d’autres termes selon cette école de Philosophie, l’effort philosophique ne peut parvenir à connaître qu’une partie de la Réalité. Cela, à son tour, implique que le savoir certain et compréhensible, qui est la condition nécessaire à la résolution des questions ultimes les unes après les autres, ne peut être obtenu par la philosophie. Il ne reste donc que deux écoles de Philosophie, le Rationalisme Formel et le Rationalisme Empirique, où l’on trouve la croyance que la Philosophie peut découvrir la Vérité Ultime, simple fait qui, ainsi, mérite notre considération relativement au présent sujet. Examinons la validité de leurs revendications.

Le Rationalisme Formel estime que la Raison humaine, sans aide extérieure, est capable d’appréhender les faits ultimes de la vie et du monde. 

Le Rationalisme Empirique estime que la Raison et l’Expérience des Sens doivent se combiner pour rendre les êtres humains capables de trouver la Vérité Ultime et que, à travers cette combinaison des sources de connaissance, la Philosophie peut résoudre les problèmes ultimes et de ce fait guider l’humanité. 

Le Rationalisme Formel repose totalement sur la Logique. Sa méthode est de choisir une hypothèse comme point de départ de son questionnement et de bâtir sur la base de cette hypothèse un monde entier de pensée philosophique en utilisant l’outil de la Logique. 

Le Rationalisme Empirique pourrait à juste titre être rebaptisé « Philosophie des Sciences ». Sa méthode est de rassembler et d’arranger les faits découverts par la Science et de tenter, en utilisant les instruments de la Raison, de former une représentation intégrative du monde dans sa globalité et d’ainsi répondre aux questions ultimes. 

Si nous évaluons le Rationalisme Formel et que nous le regardons en face, nous constatons qu’il est incapable de nous apporter une connaissance certaine et précise des problèmes ultimes. Il en est ainsi parce que son point de départ est toujours une hypothèse, ce qui n’est rien de plus qu’une idée supposée ou au mieux une observation basée sur le bon sens, et elle est toujours choisie arbitrairement par chaque philosophe. Or toute hypothèse, en particulier dans la sphère de la pensée arbitraire, est, par la nature même de ce domaine, invérifiable. Et si elle est incertaine, la structure de la pensée se construisant sur elle et les conclusions auxquelles on aboutit doivent également être incertaines. De ce fait, la connaissance des problèmes ultimes apportée par le Rationalisme Formel ne peut être certaine et exacte. 

En ce qui concerne le Rationalisme Empirique, son point de départ est le fait scientifique, c’est-à-dire une observation basée sur les sens, et sa méthode est de résoudre les problèmes ultimes sur cette base. Or, comme nous l’avons déjà vu en discutant de la Méthode Scientifique, les faits scientifiques sont au mieux des hypothèses exploitables ou de la matière exploitable sur l’échelle d’observation ou le référentiel auxquels ils sont connectés. Ainsi, face aux problèmes ultimes, ils n’ont ni finalité ni parfaite exactitude, ni certitude absolue. Cela implique que si le point de départ du Rationalisme Empirique et sa matière exploitable manquent d’exactitude, de certitude et de finalité, les conclusions auxquelles on arrivera souffriront également des mêmes écueils. En d’autres termes, une solution aux problèmes ultimes sur la base de la connaissance certaine est impossible même pour l’école empirique rationaliste de la Philosophie. 

Un éminent penseur scientifique contemporain admet cette vérité par la déclaration suivante: « Beaucoup de gens pensent à tort que les mécanismes de la logique sont des ‘standards’ et que le raisonnement logique, et a fortiori le raisonnement mathématique, sont inévitablement ‘justes’. Nous devons nous méfier du processus de la pensée humaine, car, initialement, le point de départ est souvent une observation basée sur le bon sens. Or on ne peut pas faire confiance à ce dernier. C’est le bon sens qui nous pousse à croire que la Terre est plate; que deux fils à plombs sont parallèles (ils sont tous deux dirigés vers le centre de la Terre et forment par conséquent un angle); que le déplacement en ligne droite existe, ce qui est absolument faux puisque nous devons prendre en considération non seulement le déplacement de la Terre autour de son axe et autour du Soleil, l’orbite globale de la Terre, mais aussi le déplacement de tout le Système Solaire vers la constellation d’Hercule, etc. En conséquence, une balle (tirée d’une arme) ou un avion, qui semblent se mouvoir sur une ligne droite par rapport à la Terre, sur une période donnée, suivent une trajectoire ressemblant plus à un tire-bouchon dans un système de référence plus vaste, les étoiles les plus proches par exemple. Le bon sens nous dit que le bord d’une lame de rasoir est une ligne droite continue, mais si nous l’examinons au microscope, nous voyons qu’elle ressemble à une ligne formant des vagues telles que pourrait les dessiner un enfant. Le bon sens nous dit qu’un morceau d’acier est solide, les rayons X nous montrent qu’il est poreux, et les théories modernes sur la matière nous apprennent qu’elle est en réalité faite de milliards de milliards de milliards d’univers miniatures et animés, doués de mouvements extraordinairement rapides et n’entrant pas en contact les uns avec les autres.

« Ainsi, si le point de départ, les origines d’un raisonnement sont faux, la conclusion sera nécessairement, en toute logique, fausse. 

« Etant donné que nous n’avons d’autres moyens de connaître et de décrire la nature que ceux que nous confèrent nos sens et nos facultés – i.e., par nos cellules nerveuses – nous devons être extrêmement prudents et ne jamais oublier la relativité de la représentation que nous construisons – relativité en relation avec l’instrument qui enregistre, l’homme. » (Lecomte du Nouy: Human Destiny, pp. 5, 6). 

La compétence de la Science et de la Philosophie dans le dévoilement des mystères des problèmes ultimes peut être aussi examinée à travers un autre argument. Ainsi que cité précédemment, les problèmes ultimes concernent trois principaux sujets: l’Homme, l’Univers et Dieu. Examinons ici le cas de l’Homme lui-même. La Science ou la Philosophie, ou les deux combinées, peuvent-elles nous fournir une connaissance véritable et exacte des problèmes ultimes relatifs à l’Homme ? Si nous considérons cette question avec un esprit apaisé et sans passion, nous constatons que ni l’origine ni la constitution ni le fonctionnement de l’homme ne peuvent être raisonnablement conçues comme existant dans un vide. L’être humain en tant qu’individu fait partie de l’espèce humaine. L’espèce humaine, elle-même, fait partie d’un tout plus vaste, c’est-à-dire le monde animal. Le monde animal à son tour, fait partie d’un tout plus vaste encore, c’est-à-dire le monde organique (qui inclut le monde végétal). Le monde organique, lui aussi, fait partie d’un tout plus vaste, c’est-à-dire la Terre (qui comprend le monde organique et le monde inorganique). La Terre, elle aussi, fait partie d’un tout plus vaste, c’est-à-dire, notre Système Solaire, qui, à son tour, fait immédiatement partie d’une galaxie d’un nombre inconnu de systèmes solaires et de façon ultime partie de l’Univers entier qui est inconnu de nous dans sa globalité et qui, d’après la Science Moderne, devrait être qualifié de virtuellement infini à la fois dans l’Espace et dans le Temps, et, par conséquent, il est impossible à saisir dans la connaissance par nos pouvoirs limités de perception et de raisonnement, que ce soit logiquement ou mathématiquement. Ainsi, l’individu humain fait en dernière instance partie et est une parcelle d’un univers qui, par son origine, sa constitution et son utilité, est inconnaissable en tant que tout. 

Alors, si nous souhaitons obtenir une connaissance véritable, exacte et compréhensible des lois fondamentales qui gouvernent l’existence de l’individu humain, nous comprenons que tout comme l’individu humain n’existe pas dans un vide, les lois qui gouvernent son existence sont elles aussi intégrées dans un tout supérieur et plus large, c’est-à-dire, le système de lois qui gouvernent l’humanité en tant qu’entité. Ce système de lois supérieures et plus larges fait, à son tour, partie d’un autre système plus supérieur et plus large encore; et la série continue – les niveaux de lois s’élèvent de plus en plus haut, d’étage en étage, jusqu’à ce que nous atteignions le niveau où nous sommes confrontés aux lois qui gouvernent l’univers entier en tant qu’entité fondamentale. 

Nous arrivons à présent à la conclusion. Pour connaître la nature et la destinée d’une partie, nous devons connaître la nature et la destinée du tout. Ainsi, pour connaître la nature et la destinée de l’individu humain, nous devons connaître la nature et la destinée du tout dont il fait partie. Comme nous l’avons vu, immédiatement, il fait partie de l’espèce humaine. Mais l’espèce humaine, n’est pas elle-même le tout final. Plutôt, elle fait partie d’un tout plus grand, et ce tout plus grand, fait partie d’un tout plus grand encore, jusqu’à ce que, si nous devions nous arrêter aux conceptions physiques uniquement, nous atteignions le tout final connu comme étant l’Univers Physique. Cela signifie qu’à moins que nous connaissions la nature et la destinée de l’univers, nous ne pouvons connaître la nature et la destinée de rien qui en fasse partie, y compris de l’individu humain.

Toutes les considérations précédentes nous mènent positivement à la conclusion que ni la Science ni la Philosophie ne pourront jamais être capables de fournir des réponses exactes à nos questions ultimes sur la base de la connaissance certaine. Et ces réponses qu’elles ont apportées, ou qu’elles pourront apporter, ont été et seront toujours, au meilleur des approximations, sous forme de vérités partielles, et, dans la plupart des cas, ce que le verset suivant du Saint Coran appelle des « conjectures »: 

« … alors qu’ils n’en savent rien, mais suivent en cela de simples conjectures. Or, les conjectures ne sauraient tenir lieu de certitude. » (53:28). 

La question qui se pose maintenant est: si la Science et la Philosophie échouent à nous guider dans la résolution des problèmes ultimes, est-ce la fin du chemin, où existe-t-il une sortie ? La réponse est: Oui, il y a une voie: la voie de la Religion. 


3. LA RELIGION 

La validité de la prétention de la Religion quant aux réponses à nos questions ultimes réside dans la source de la connaissance. Parmi les religions du monde, l’Islam est en accord avec nous sur le fait que les facultés humaines des sens et du raisonnement sont, de par leur nature propre, incapables d’arriver à une connaissance exacte et certaine des faits ultimes aussi bien à travers le raisonnement logique qu’à travers le raisonnement mathématique. Mais parallèlement, il nous offre un message d’espoir et nous invite à suivre une gouverne très simple et convaincante en conséquence. Cette gouverne peut s’établir comme suit: 

Il existe deux facteurs dans chaque acte de connaissance, à savoir le Sujet et l’Objet. En ce qui concerne le processus de savoir, il est rendu possible de deux façons, c’est-à-dire: (1) le sujet peut embrasser l’objet au moyen des instruments de la connaissance, qui, dans le cas de l’homme sont les sens et la raison: et (2) l’objet peut se révéler au sujet. 

La voie principale du savoir est la première, et c’est celle que la Science et la Philosophie empruntent. Et parce que le fini ne peut embrasser l’infini, les tentatives de la Science et de la Philosophie de résolution des problèmes ultimes finissent dans l’échec. 

La deuxième voie de la connaissance est la voie de la Religion Révélée. Le fait que cette voie soit matière à expérience dans le monde scientifique est connu de tous les scientifiques. Par exemple, il existe des planètes qui sont si éloignées de l’horizon le plus lointain que les instruments les plus avancés de l’astronomie se sont révélés incapables de les pénétrer. Ces planètes pénètrent cet horizon seulement pour un temps donné après de très longues périodes de temps. Ainsi, plutôt que ça n’ait été les instruments astronomiques qui les auraient pour ainsi dire embrassées, elles-mêmes ont révélé leur existence en se déplaçant pour un temps donné de leur découverte à partir d’une position où leur existence ne peut être connue, et après cette révélation elles disparaissent à nouveau dans l’Inconnu. Ceux dont le regard est fixé et dont les instruments sont focalisés sur cet horizon les voient et les connaissent, alors que d’autres n’admettent leur existence que sous l’autorité parce que la vérification par l’observation n’est plus possible après la disparition de ces planètes. 

Tout cela, à propos du monde physique – le monde de l’expérience des sens – le monde dans lequel la qualité et la quantité ne sont qu’une partie de l’Univers Infini et Inconnu. Mais cela nous conduit à un fait important. Plus une chose est éloignée qualitativement (i.e., respectivement à sa différence par rapport à nous dans sa nature, sa constitution et sa fonction) ou quantitativement (i.e., dans l’Espace et dans le Temps), plus grande devient la nécessité que la première voie de la connaissance laisse la place à la seconde voie, i.e., la Révélation. 

L’Islam met l’accent sur ce fait d’importance souveraine qu’est la Révélation. Il affirme l’existence de Dieu et dit qu’Il est le Créateur et le Protecteur de l’Univers. Aussi, qu’Il est Tout Puissant, Omniscient et Omniprésent. Il possède la connaissance parfaite d’origine de la constitution et de la fonction de tout, et Sa connaissance comprend le passé, le présent et le futur. Et Il ne possède pas seulement cette connaissance, mais a aussi révélé à l‘humanité la bonne gouverne quant aux problèmes ultimes et intriqués qui défient l’exactitude et la certitude acquises par les moyens des sens et de la raison. Ses Révélations sont venues comme les planètes distantes mentionnées dans le précédent propos scientifique, à travers les Lumières Spirituelles qui sont apparues à l’horizon de l’humanité ça et là. Ces Lumières Spirituelles incluent des hommes comme Adam, Abraham, Moïse, Jésus, le dernier d’entre eux étant Muhammad (que la paix et les bénédictions soient sur lui et tous les autres Messagers de Dieu); et le dernier Livre Révélé est le Saint Coran.


Source : Les fondements coranique et la structure de la société musulmane Vol. I - Dr. Muhammad Fazlur Rahman Ansari (qu´Allah lui fasse miséricorde)

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