Citations, traitant de notre sujet, provenant de l´œuvre du Dr. Muhammad Fazlur Rahman Ansari - érudit musulman.

PELERINAGE D’ADIEU ET PRECHE MEMORABLE SUR LES DROITS DE L’HOMME 

 « Un an avant sa mort, à la fin de la dixième année de l’Hégire, Muhammad (pbsl) fit son dernier pèlerinage de Médine à La Mecque. Il adressa alors un grand sermon à son peuple. Le lecteur notera que le premier paragraphe occulte les pillages et querelles entre les adeptes de l’Islam. Dans le dernier le croyant de couleur noir devient l’égal du Calife… Ils ont établi une grande tradition de relations justes et dignes, l’esprit de générosité, ils sont humains et conciliants. Ils ont crée une société plus que toute autre délivrée de la cruauté et de l’oppression sociale. (1)

DES PRINCIPES ELARGIS, LIBERAUX ET UNIVERSELS POUR LE MONDE ENTIER 

 « Son credo… implique nécessairement l’existence d’un empire universel. » (2)

« La noblesse et la large tolérance de son crédo, acceptant toutes les religions authentiques du monde comme étant inspirées par Dieu, restera toujours un glorieux héritage pour l’humanité. Sans doute, une parfaite religion mondiale peut être construite sur sa base. » (3)

« Plus pure que le système des Zoroastriens, plus libérale que la Loi de Moïse, la religion de Mohammed: elle peut avec raison paraître moins inconsistante que le credo de mystère et de superstitions qui, au VIIème, déshonora la simplicité des Evangiles. » (4)

« L’Islam a le pouvoir de conquérir pacifiquement les âmes par la simplicité de sa théologie, la clarté de son dogme et de ses principes, et le nombre défini de pratiques qu’il exige. Contrastant avec la Chrétienté qui a subi des transformations continuelles depuis son origine, l’Islam est resté fidèle à lui-même. » (5)

« En tant que religion, la religion mohammadienne, doit-on avouer, sied mieux à l’Afrique que la religion chrétienne: en effet, je dirai même qu’elle sied mieux au monde entier… l’accomplissement de la foi musulmane jouit, j’insiste, d’une nette supériorité, on peut citer pour preuve l’abstinence musulmane, le sens de la fraternité, la condamnation de l’usure, et la reconnaissance des prophètes autres que le sien. Ses qualités peuvent être résumées en affirmant qu’elle prend l’homme tel qu’il est, et ne prétend pas en faire un dieu, elle cherche à réguler son comportement afin qu’au moins il devienne un bon voisin. » (6)

LA JURIPRUDENCE LA PLUS SAGE, LA PLUS INSTRUITE ET LA PLUS ECLAIREE 

 « La loi de Muhammad, qui s’applique à tous, de la tête couronnée au sujet le plus moyen, est une loi tissée par un système de jurisprudence des plus sages, des plus instruites et des plus éclairée qui ait jamais existé de par le monde. » (7)

PAS DE DISCRIMINATION DE COULEUR 

 « ‘Eloignez l’homme noir ! Je ne peux avoir de discussion avec lui’, s’exclama l’archevêque chrétien Cyrus, lorsque les conquérants arabes eurent envoyé une délégation de leurs hommes les plus capables pour discuter des termes de la reddition de la capitale égyptienne, dirigée par le Noir Ubadah, le plus capable d’eux tous. 

« A la stupéfaction du saint archevêque, il lui fut dit que cet homme était nommé par le Général Amr; et que les Musulmans considéraient les Noirs et les Blancs avec un égal respect – jugeant un homme à l’aulne de son caractère et non à sa couleur. 

« ‘Eh bien, si le Noir doit diriger, il doit parler doucement’, ordonna le prélat, ceci afin qu’il n’effraie pas ses auditeurs blancs.

« (Répondit Ubadah) ‘Il y a un millier de Noirs, aussi noirs que moi-même, parmi nos compagnons. Eux et moi serions prêts à rencontrer et combattre des centaines d’ennemis ensemble. Nous ne vivons que pour combattre pour Dieu, et pour suivre Sa volonté. Nous nous moquons de la richesse, tant que nous disposons de quoi nous nourrir et vêtir nos corps. Ce monde n’est rien pour nous, le prochain est tout.’ 

« Un tel esprit… quel autre appel peut s’opposer à celui du Musulman qui, à l’approche du païen, lui dit, tout obscur et dépravé qu’il puisse être, ‘Embrasse la foi, et tu deviens ainsi un égal et un frère.’ L’Islam ne connaît pas de frontière de couleur.’» (8)

EN GUERRE CONTRE L’INSTITUTION DE L’ESCLAVAGE

« Selon le Coran, personne ne peut être fait esclave excepté après la conclusion d’une bataille sanglante menée dans l’esprit d’une guerre sainte (Jihād) dans le pays d’infidèles qui tentent de supprimer la vraie religion. En effet, où que le mot « esclave » apparaisse dans le Coran, il est ‘celui que ta main droite possède’, ou un équivalent particulier du mot « cou » - ‘celui dont le cou a été épargné’ indiquant ainsi clairement ‘un prisonnier de guerre’, rendu comme tel non par l’action d’un seul homme, mais de beaucoup… le prophète arabe a recommandé: ‘Enchaînez alors les prisonniers que vous pourrez ensuite libérer gracieusement ou contre rançon quand la guerre aura pris fin’ (Sourate 47:4)… 

« Et ailleurs: ‘Les aumônes (qui procurent la droiture) sont destinées… au rachat des captifs’ (Sourate 9:60). Plus loin (Sourate 24:33): ‘Etablissez un contrat d’affranchissement en faveur de ceux de vos esclaves qui en expriment le désir, si vous les en jugez dignes. Faites-les bénéficier d’une part des biens dont le Seigneur vous a gratifiés’… ‘Ceux qui auront répudié leurs femmes en usant de cette formule et qui reviennent sur leur parole devront affranchir un esclave, à titre d’expiation, avant de reprendre leurs rapports avec leurs épouses. Celui qui n’en a pas les moyens devra observer le jeûne pendant deux mois consécutifs avant tout rapport avec son épouse. S’il ne peut s’en acquitter, il devra donner à manger à soixante pauvres…’ (Sourate 58:3-4) Lorsque la sensation de bonheur, y compris celle de la félicité conjugale, prédispose le cœur à la gratitude envers le Créateur, ou lorsque la crainte de Dieu ou d’un châtiment, ou lorsque le désir d’une bénédiction, affectent, puisque de telles raisons peuvent affecter et effectivement affectent la vie quotidienne d’un Mahométan, l’émancipation d’un esclave, en tant que parfait acte de charité, est recommandée. En bref, la Voie Ascendante (Cliff, i.e., falaise dans la version originale), ou l’étroite voie menant au salut, est la charité: ‘Mais sais-tu bien ce qu’est la voie ascendante ? C’est la pente qu’on gravit en libérant un être humain, …’ (Sourate 90:12-13). 

« En se référant à la seconde source de la loi Mahométane, dans la tradition authentique des Hadiths, nous trouvons la déclaration de Mohammad, selon laquelle ‘le pire des hommes est celui qui vend des hommes’: les esclaves qui déplaisaient à leurs maîtres devaient être pardonnés ‘ soixante-dix fois par jour’: aucun croyant ne peut être fait esclave; et ‘en proportion du nombre d’esclaves acquittés les membres du corps de celui qui acquitte seront sauvés du feu (éternel).’ » (9)

PROSELYTISME PACIFIQUE 

 « L’histoire démontre, cependant, que la légende selon laquelle des Musulmans fanatiques s’étendant à travers le monde et imposant l’Islam par la pointe de l’épée aux races conquises est un des mythes les plus extraordinairement absurdes que les historiens aient jamais entretenu. » (10)

 « Au cours de leurs guerres de conquête, cependant, les Musulmans montraient un degré de tolérance qui couvre de honte beaucoup de nations chrétiennes." (11)

L’ESSOR DE L’ISLAM 

 « L’essor de l’Islam constitue peut-être l’évènement le plus stupéfiant de l’histoire humaine. Prenant sa source depuis une terre et un peuple jusqu’à lors aussi négligeables l’une que l’autre, l’Islam s’est étendu en un siècle sur près de la moitié de la surface de la terre, détruisant de grands empires, remplaçant des religions longuement ancrées, refaçonnant les âmes des peuples, et construisant un monde entièrement nouveau – le monde de l’Islam. 

« Plus nous examinons ce développement de près, plus il nous apparaît comme extraordinaire. Les autres grandes religions se sont frayé un chemin avec lenteur, par des luttes douloureuses, et triomphèrent finalement grâce à l’aide de puissants monarques convertis à la foi nouvelle. La Chrétienté avait son Constantin, le Bouddhisme son Asoka, le Zoroastrianisme son Cyrus, chacun allouant au culte de son choix la grande puissance d’une autorité séculaire. Pas l’Islam. Emergeant d’une contrée désertique peu peuplée par une race de nomades qui ne s’étaient alors jamais distinguée dans les annales de l’histoire humaine, l’Islam fit sa sortie pour ce qui allait être une grande aventure, appuyé par les plus faibles effectifs humains et contre les moyens matériels les plus lourds. Pourtant l’Islam a triomphé avec une apparente miraculeuse facilité, et deux générations plus tard on pouvait voir le flamboyant croissant flotter victorieusement des Pyrénées à l’Himalaya et des déserts d’Asie Centrale aux déserts d’Afrique Centrale… Prêchant un monothéisme austère et simple, libéré de tout clergé ou de tout piège des doctrines élaborées, il chassa les excès de zèle religieux toujours présents dans le cœur sémite. Faisant fi des rivalités chroniques et des bains de sang qui avaient consumé leur énergie dans des querelles autodestructrices, et soudés en une lumineuse unité par le feu de leur foi nouvellement fondée, les Arabes jaillirent de leur désert pour conquérir la terre pour Allah, le Seul Dieu Vivant… 

Ils (les Arabes) n’étaient pas des sauvages assoiffés de sang, seulement enclins au pillage et à la destruction. Au contraire, ils étaient une race douée de façon innée, avide d’apprendre et appréciant les dons culturels que les autres civilisations avaient à partager. Se mariant entre eux et professant une croyance commune, conquérants et conquis fusionnèrent rapidement, et de cette fusion naquit une nouvelle civilisation – la civilisation des Sarrasins, dans laquelle les anciennes cultures de la Grèce, de Rome et de la Perse furent revitalisées par le génie arabe et l’esprit islamique. Pendant les trois premiers siècles de son existence (650 – 1000) la sphère de l’Islam était la portion du monde la plus civilisée est la plus progressiste. Constellé de cités splendides, de mosquées gracieuses, et de calmes universités où la sagesse du monde ancien était préservée et appréciée, le monde musulman offrait un contraste saisissant avec l’Occident Chrétien, alors noyé dans la nuit de l’obscurantisme moyenâgeux. » (12)

Notes : 

1. H.G. Wells: The Outline of History, Londres 1920, p. 325.

2. Joseph J. Nunan: Islam and European Civilization, Demerara 1912, p. 37.

3. Duncan Greenless: The Gospel of Islam, Adayar 1948, p. 27.

4. Edward Gibbon: The History of the Decline and Fall of the Roman Empire, Vol. 5, p. 487.

5. Jean L’heureux, Etude sur L’Islamisme, p. 35.

6. Lancelot Lawton: The Sphere, London, 12th May, 1928.

7. Edmond Burke: Impeachment of Warren Hastings.

8. S. S. Leeder: Veiled Mysteries of Egypt, London 1912, pp 332-335.

9. Dr. G. W. Leitner ; Mohammadanism, pp. 17-18. Cf. the observation: “It is indeed an ‘abuse of words’ to apply the word slavery in the English sense to any status known to the legislation of Islam.” (Syed Amir Ali: The Spirit of Islam, p. 262).

10. De Lacy O’Leary: Islam at the Crossroads, London 1923, p. 8.

11. E. Alexander Powell: The Struggle for Power in Moslem Asia, New York 1923, p. 48.

12. A.M. Lothrop Stoddard: The New World of Islam, London 1932, pp. 1-3.


II. Concernant le Servage et l’Esclavage 

A. Le Témoignage Chrétien (1) Concernant l’Histoire Musulmane 

De par son statut de soutien inconditionnel de la dignité et de la liberté humaine, la loi de l’Islam n’offrait aucune sanction à l’émergence d’une institution comme le servage. Will Durant l’admet, même en tant qu’adversaire de l’Islam, lorsqu’il observe: « Les Califes garantissaient une protection raisonnable à l’existence et au travail » (op. cit, p. 227). Et le critique irrévérencieux, H.G. Wells, confesse que « l’Islam instaura dans le monde une grande tradition de commerce équitable » et « créa une société plus libérée de la cruauté générale et de l’oppression sociale qu’aucune société auparavant dans le monde ». 

Au regard de l’institution de l’Esclavage, Will Durant admet que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) « fit ce qu’il pouvait pour mitiger ses fardeaux et sa douleur » (p. 180), et observe: « Le Coran reconnaissait la capture de non Musulmans en temps de guerre, et la naissance d’enfants de parents esclaves, comme les seules sources légitimes de l’esclavage; aucun Musulman (tout comme dans la Chrétienté aucun Chrétien) ne pouvait être mis en esclavage » (p. 209). En somme, c’étaient principalement et la plupart du temps les prisonniers de guerre (2) non rançonnés, dont l’exagération des nombres est désavouée par Will Durant lui-même (p. 209), qui formaient dans le monde musulman ce qui a été nommé à tort la classe des esclaves. Cependant, fort de toute sa volonté d’amour et de respect pour l’Islam, il se voit contraint de dire: 

« Les Musulmans… les traitaient (les esclaves) avec une humanité géniale qui ne rendait pas leur sort pire – peut-être meilleur, dans le sens de plus sécurisant – que celui d’un ouvrier d’usine de l’Europe du dix-neuvième siècle… La descendance d’une femme esclave et de son maître, d’une femme libre et de son esclave, était libre à la naissance. Les esclaves avaient le droit de se marier; et leurs enfants, s’ils étaient doués, pouvaient recevoir une éducation. Le nombre de fils d’esclaves qui se hissèrent en haut lieu dans le monde politique et intellectuel de l’Islam, ainsi que de ceux, comme Mahmud et les premiers Mamelouks, qui devinrent des roi, est stupéfiant. » (p. 209). 

Notes :

1. Concernant la position Coranique au regard de l’abolition de ces maux, les lecteurs se référeront aux sections correspondantes du présent ouvrage, et au vol. 2 en particulier.

2. S’il y avait des ‘esclaves’ de toute autre catégorie, on doit les considérer comme étant venus en représailles contre les abus continuel des communautés voisines non Musulmanes. Par exemple, Wil Durant dit, à propos du commerce des esclaves chrétien: « Des Musulmans et des Grecs étaient capturés par les marchands d’esclaves (chrétiens) le long des côtes de la Mer Noire, de l’Asie orientale, ou de l’Afrique du nord pour être vendus comme travailleur agricole, comme domestiques, comme eunuques, comme concubins ou comme prostitués… Le commerce des esclaves florissait en Italie, probablement à cause de la proximité des pays musulmans, sur lesquels on pouvait exercer sa prédation la conscience tranquille… » (op. cit., p. 554).

ANNEXE

LE ROLE DE L’ISLAM EN AFRIQUE

EN ARRIERE-PLAN DU ROLE DU CHRISTIANISME


Une virulente propagande missionnaire a été menée au regard de l’Afrique, dans laquelle, afin de dissimuler les crimes de la Chrétienté contre les populations noires d’Afrique, le nom de l’Islam a été associé de la manière la plus fallacieuse à l’esclavage des Noirs. En conséquence, il est devenu absolument nécessaire de discuter brièvement du rôle de l’Islam quant aux races noires d’Afrique. Dans cette optique, nous allons mettre en lumière le témoignage de l’érudit chrétien afro-américain Dr. Blyden. Combinant l’éminence de l’érudition au savoir d’Afrique de première main, il écrivit ainsi, vers la fin du dix-neuvième siècle, dans son livre: Christianity, Islam and the Negro Race (Londres, 1887) :


« Après les premières conquêtes des Musulmans en Afrique du Nord, leur religion avança vers le sud du continent non par les armes, mais par des écoles, des livres et des mosquées, par le commerce et le mariage interethnique. Ils n’auraient pas pu disposer d’une force suffisante pour soumettre les peuples, car ils avaient à faire à de vastes tribus, puissantes et énergiques. Les tribus nigritiennes et soudanaises n’ont jamais été soumises par des ennemis étrangers, mais elles ont repoussé encore et encore et les Arabes et les Européens. » (p. 256).


« Vous pouvez dès lors comprendre pourquoi l’Islam est si ancré parmi les tribus africaines qui l’ont embrassé. Elles se rassemblent sous les bannières du Croissant non seulement pour des raisons religieuses, mais pour des raisons patriotiques, jusqu’à ce qu’elles ne soient pas seulement influencées par une idée unique mais qu’elles agissent en tant qu’entité individuelle. La foi devient une part de leur nationalité, et est entremêlée à leurs affections. Les arguments extérieurs ne pèsent rien face à elles. Il y a des noms et des phrases qui ont un tel effet sur leur esprit et qui les émerveillent tant que cela dépasse et transcende tout argument… Cette théorie qui attribue le succès de l’Islam en Afrique à ce qui est fréquemment dénigré comme étant les aspects sensuels de la religion est basée sur l’ignorance, non seulement du système mais des faits élémentaires de la nature humaine. Aucune religion ne pourrait exercer une influence si puissante sur plus de deux cents millions (1) de personnes de toute race et de tout climat si elle en appelait essentiellement aux passions primaires. » (p. 266).


« Il n’est pas exagéré de dire que la littérature populaire du monde chrétien depuis la découverte de l’Amérique, ou au moins de ces 200 dernières années, a été anti-Noir. Le Noir mohammadien n’a pas subi les effets du pouvoir déclinant de la caste. Il n’y a rien dans sa couleur ou dans sa race qui puisse l’exclure des plus hauts privilèges, sociaux ou politiques, auxquels tout autre Musulman peut aspirer. L’esclave qui devient un Mohammadien est libre. » (p.18).


« Quoiqu’on en dise, il ne fait aucun doute, bien au contraire, que l’Européen ne se remit jamais ou rarement du sentiment de distance, sinon de répulsion, dont il fit l’expérience lorsqu’il rencontra des Noirs pour la première fois. Tout en admettant joyeusement que le Noir est son frère, puisqu’il est de même nature dans tous ses attributs essentiels, toujours en raison de la diversité de type et de couleur, il conclut naturellement que l’infériorité qui selon lui transparaît à la surface doit s’enfoncer sous la peau, et affecter l’âme. Ainsi, bien souvent malgré lui, il garde ses distances face à son converti africain même si sous son égide ce dernier a bénéficié d’une avancée considérable dans la civilisation et les arts… Et le missionnaire (européen), se contentant d’observer à distance confortable, supervise les natifs européanisés, parfois avec pitié, parfois avec consternation, rarement avec une authentique sympathie. » (p. 34). 


« Le Mohammedanisme et l’éducation du Noir étaient contemporains. Sitôt qu’il était converti on lui apprenait à lire, et l’importance de la connaissance lui était expliquée. Le Noir est entré en contact avec les interdictions mentales et physiques et avec la religion du Christ simultanément. Si le Noir mahométan devait choisir entre le Coran et l’épée, lorsqu’il choisissait le premier, il était autorisé à manier la deuxième en tant qu’égal de tout autre Musulman; mais aucune ampleur de dévotion aux Evangiles ne délivra le Noir Chrétien de l’humiliation de porter les chaînes qu’il reçut avec, ni ne le sauva de l’interdiction politique, et dans une moindre mesure ecclésiastique, qu’il subit encore dans tous les pays de son exil. Partout en terre chrétienne il joue aujourd’hui encore le rôle de l’esclave, du singe, ou de la marionnette. » (pp 15, 16).


« Le Noir mahométan est un bien meilleur mahométan que le Noir chrétien n’est chrétien, car le Noir musulman, en tant qu’apprenti, est un disciple, et non un imitateur… Quand le progrès du disciple vient de l’intérieur, l’imitateur s’améliore par accrétion avec l’extérieur. L’apprentissage acquis par le disciple lui donne des capacités; ce que gagne un imitateur est fini. L’un devient un homme capable; l’autre un simple amateur. Cela explique la différence entre le Noir mahométan et le Noir chrétien. » (p. 44).


« L’introduction de l’Islam en Afrique centrale et de l’ouest a été le garant le plus important, sinon le seul, contre les désolations du commerce des esclaves. » (p. 78).


« Mungo Park, lors de ses voyages il y a soixante-dix ans, remarquait partout le contraste entre les tribus païennes et les tribus mahométanes de l’Afrique inférieure. Un des progrès très important qu’il nota était l’abstinence face aux boissons intoxicantes… Ainsi, à travers toute l’Afrique centrale, fut établie une vaste Société d’Abstinence Totale; et l’influence de cette Société était telle que là où il y avait des habitants musulmans, même dans les villes païennes, c’était chose très rare que de voir une personne intoxiquée. Ils se présentent donc comme une barrière presque imperméable aux flots désolants de spiritueux ardents avec lesquels les marchands d’esclaves européens et américains inondaient la côte… L’abstinence de l’Islam est une de ces bonnes qualités que nous devrions souhaiter voir retenir par les Africains, quelles que soient les aventures futures de cette foi sur ce continent. La race noire, sous son climat pesant, ne possède pas l’ardeur de l’Indien nord-américain ou du Néo-zélandais; et sous l’influence de ce qui est apparemment inséparable de et concomitant à la civilisation européenne, elle atteindrait en un temps beaucoup plus court qu’il n’en fallut aux races précitées, la distinction déplorable d’être ‘décivilisée de la surface de la terre’. » (pp. 79, 80).


Le livre du Dr. Byden provoqua des remous dans la presse britannique. Parmi ceux qui s’avancèrent audacieusement pour épouser la cause de la vérité et pour confirmer les conclusions du docteur érudit sur les rôles de l’Islam et du Christianisme en Afrique, figuraient Bosworth Smith, qui écrivit un long article dans le Ninetheenth Century de décembre 1887, ainsi qu’un homme anglais éminent, qui avait largement voyagé en Afrique, nommé Mr. Joseph Thomson, qui écrivit un éloge du rôle de l’Islam dans le Times de Londres (10 novembre 1887). Nous pouvons citer ici la conclusion de ce dernier quant aux allégations d’association de l’Islam avec le commerce des esclaves en Afrique. Il dit:


« Il a été avancé par certains de vos correspondants qu’en Afrique orientale et dans le bassin du Nil on perçoit l’Islam sous ses vraies couleurs, en association congénitale avec le commerce des esclaves et avec toutes les formes de dégradation et de violence. Une affirmation aussi infondée ne peut se concevoir. J’affirme sans hésitation – et je parle fort d’une plus grande expérience de l’Afrique centrale orientale qu’aucun de vos correspondants ne possède – que si le commerce des esclaves prospère, c’est parce que l’Islam n’a pas été introduit dans ces régions, et, pour la plus puissante de toutes les raisons, que l’essor du Mohammedanisme aurait signifié la suppression concomitante du commerce des esclaves. »


Notes :


1. Aujourd’hui (c.à.d. à l´époque de la rédaction de cet ouvrage il y a environ 50 ans) sept cent millions.


Source : Les fondements coranique et la structure de la société musulmane Vol. I - Dr. Muhammad Fazlur Rahman Ansari (qu´Allah lui fasse miséricorde).

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