PARTIE 1 - CELUI À QUI LE CORAN FUT RÉVÉLÉ (Partie 5) - Dr. Muhammad Fazlur Rahman Ansari (ra)

PARTIE 1 

CELUI À QUI LE CORAN FUT RÉVÉLÉ 


Chapitre 3 

Personnalité et Caractère de Muhammad 

Aperçu sur Certaines Réformes 


PERSONNALITE ET CARACTERE 

 « Muhammad était de taille moyenne, assez mince mais large d’épaules ainsi que de poitrine, de constitution musculaire et osseuse solide. Sa tête était massive, fortement développée. Des cheveux sombres, légèrement ondulés, flottaient en masse dense presque jusqu’à ses épaules; même à un âge avancé seuls vingt cheveux gris environ les parsemaient, conséquence des agonies de ses ‘ Révélations’. Son visage était de forme ovale, de couleur légèrement fauve. Une veine venait diviser de longs sourcils arqués, et palpitait de manière visible dans les moments de passion. De grands yeux noirs, qui ne semblaient trouver le repos, brillaient sous de lourds et longs sourcils. Son nez était large, légèrement aquilin. Ses dents, dont il prenait tout particulièrement soin, étaient bien ordonnées, blanches et brillantes. Une barbe entière encadrait son visage viril. Sa peau était claire et douce, son teint rosé. Ses mains étaient telles ‘la soie et le satin’, comme celles d’une femme. Son pas était leste et souple, mais ferme comme l’est celui qui marche ‘d’un haut lieu vers un lieu plus bas’. En tournant son visage, il tournait avec son corps entier. Sa démarche et sa présence étaient dignes et imposantes. Son expression était douce et pensive. Sa façon de rire excédait rarement un sourire. 

« Il faisait preuve d’une simplicité extrême dans sa façon de se vêtir, tout en portant beaucoup de soin à sa personne. Ses habits et ses meubles conservèrent, même lorsqu’il eut atteint le sommet de son pouvoir, leur simplicité originelle. Le seul luxe auquel il cédait était celui des armes, qu’il prisait hautement, et une paire de bottes jaunes, présent du Négus d’Abyssinie. Il aimait passionnément les parfums, cependant, étant très sensible aux odeurs. Il tenait les boissons fortes en horreur. 

« … Il était doué d’immenses pouvoirs d’imagination, d’élévation de l’esprit, de délicatesse et de raffinement dans les sentiments ». ‘Il est plus modeste qu’une vierge derrière son rideau’, disait-on de lui. Il était très indulgent envers ses subordonnés, et ne laissait jamais personne réprimander son petit page, quoiqu’il ait fait. ‘Dix ans’, dit Anas, son serviteur, ‘Pendant tout ce temps j’étais aux côtés du Prophète, et il ne m’a jamais rien dit de plus réprobateur que « ouf ». Il était très affectueux avec sa famille. Un de ses fils est mort sur sa poitrine dans la maison enfumée de l’infirmière, femme d’un maréchal-ferrant. Il aimait beaucoup les enfants, il les arrêtait dans la rue et tapotait leurs petites têtes. Il n’a jamais frappé personne de toute sa vie. La pire expression qu’il n'utilisa jamais dans une conversation fut, ‘Que lui arrive-t-il ? Que son front soit assombri par la boue !’ Lorsqu’on lui demandait de maudire quelqu’un il répondait ‘Je n’ai pas été envoyé pour maudire, mais comme une miséricorde pour l’humanité.’ ‘Il rendait visite aux malades, suivait tout brancard qu’il rencontrait, acceptait les invitations des esclaves à dîner, repassait lui-même ses vêtements, trayait les chèvres, et se servait lui-même’, résume une autre tradition. Il ne retirait jamais sa main le premier, i.e., de la paume d’un autre homme, et ne se retournait pas avant que l’autre se soit retourné.

« Il était le protecteur le plus fidèle de ceux qu’il protégeait, le plus doux et le plus agréable en conversation. Ceux qui le voyaient s’emplissaient soudain de révérence; ceux qui s’en approchaient l’aimaient; ceux qui le décrivaient disaient ‘Je n’ai jamais vu personne de son type, ni avant, ni après.’ De grande taciturnité, il parlait néanmoins avec emphase et de façon réfléchie, et personne ne pouvait oublier ce qu’il disait. 

« Il vivait avec ses femmes dans une rangée d’humbles maisonnettes séparées les unes des autres par des branches de palmiers, cimentées ensemble par de la boue. Il attisait le feu, balayait le sol, et trayait lui-même les chèvres. Le peu de nourriture dont il disposait était toujours partagé avec ceux qui passaient pour participer au repas. En effet, à l’extérieur de sa maison se trouvait un banc, sur lequel on trouvait toujours quelques pauvres qui vivaient exclusivement de sa générosité, et étaient ainsi nommée ‘les gens du banc’. Sa nourriture quotidienne se composait de dattes et d’eau, ou de pain d’orge; le lait et le miel constituaient un luxe qu’il appréciait, mais qu’il ne s’autorisait que rarement. La sobriété du désert lui restait sympathique même en tant que souverain d’Arabie. 

« Il y a quelque chose de si tendre et féminin, et en outre de si héroïque, chez cet homme, que l’on a peine à s’arrêter sur un jugement, inconsciemment occulté par le sentiment de révérence, presque d’amour, qu’une telle nature inspire. Celui qui, seul, a bravé la haine de son peuple pendant des années est celui-là même qui ne retirait jamais sa main le premier, lui, qui, aimé des enfants, ne les devançait jamais sans un regard chaleureux et souriant et une parole aimable, réchauffée par la douceur de sa voix. L’amitié sincère, la noble générosité, le courage et l’espoir déterminés de l’homme tendaient à transformer les critiques en admiration. 

« Il fut un enthousiaste au sens le plus noble, quand l’enthousiasme devient le sel de la terre, seul capable d’éloigner la corruption des âmes. L’enthousiasme est souvent mal employé, car souvent associé à une cause peu valable, ou tombe sur un sol stérile et ne porte pas ses fruits. Ce n’était pas le cas avec Muhammad. Il se montrait enthousiaste quand seul l’enthousiasme était nécessaire pour enflammer les foules, et noble était cet enthousiasme au service d’une noble cause. Il était l’un des quelques privilégiés ayant atteint la joie suprême de faire d’une vérité puissante la source même de leur vie. Il fut le messager du Dieu Unique, et jamais, jusqu’à la fin de sa vie, il n’oublia qu’il était ou le message qui était la substance de sa vie. Il apportait les nouvelles à son peuple avec une grande dignité jaillissant tout droit de sa conscience d’occuper un haut statut, tout en faisant montre d’une très douce humilité… » (1) 

« Sa politesse (i.e., celle de Muhammad) envers les puissants, son affabilité envers les humbles et son attitude digne envers les orgueilleux lui apporta respect, admiration et acclamations. Ses talents étaient ajustés à la persuasion et au leadership. Profondément instruit des choses de la nature, bien que totalement illettré, son esprit était capable de s’élargir dans la controverse avec le plus rusé de ses ennemis, ou de se replier au contact du plus mesquin de ses disciples. Son éloquence dépouillée portée par l’expression d’une culture imprégnée de grande majesté, adoucie par une aimable douceur, stimulait une émotion de vénération et d’amour; et il possédait un trait autoritaire de génie qui lui permettait à la fois d’influencer les lettrés et de commander aux illettrés. Comme ami et parent, il savait montrer les sentiments les plus doux; mais qu’il ressente les émotions bienveillantes et généreuses du cœur ou qu’il soit occupé par les tâches sociales ou domestiques, il ne reniait pas son titre d’apôtre de Dieu. Possédant cette simplicité si naturelle de l’esprit élevé, il effectuait les tâches les plus humbles dont il serait vain de dissimuler la simplicité en utilisant des mots pompeux, même lorsqu’en tant que Roi d’Arabie il réparait ses chaussures et ses vêtements de laine grossière, trayait les brebis, balayait l’âtre et attisait le feu. Les dattes et l’eau constituaient son repas quotidien et le lait et le miel les seules douceurs qu’il s’accordait. Au cours de ses voyages il partageait sa pitance avec son serviteur. La sincérité de ses exhortations à la bienveillance fut justifiée à sa mort par l’état d’immense fatigue de ses finances. » (2)

« Muhammad… méprisait l’opulence et vivait une vie de grande frugalité bien qu’il ne fut pas un ascète. On sait qu’il vécut dans une grande simplicité et il n’y a pas de raison de supposer que tel ne fut pas le cas. Il effectuait les tâches les plus basses de ses propres mains et était extrêmement puritain, la révélation divine lui interdisant de porter or ou soie. » (3) 

« Sa conduite était de manière générale paisible et sereine; il… conservait sérieux et dignité bien qu’on ait dit de lui que son sourire captivait par sa douceur. Son teint était plus coloré que celui des Arabes et dans les moments d’enthousiasme et de joie, il émanait de lui une lumière et une aura magnifiées par ses disciples qui voyaient en elles la lumière surnaturelle de la prophétie. 

« Ses qualités intellectuelles étaient sans nul doute extraordinaires. Il était doué d’une compréhension alerte, d’une mémoire fidèle, d’une imagination vive et d’un génie inventif. 

 « Il suivait un régime sobre et frugal et il observait rigoureusement les jeûnes. Il dédaignait la magnificence de l’apparat, l’ostentation d’un esprit mesquin; sa simplicité vestimentaire n’était pas affectée mais résultait d’un profond mépris pour toute distinction provenant de la trivialité. 

 « Dans ses affaire privées, il se montrait juste. Il traitait avec équité amis et étrangers, riches et pauvres, puissants et faibles, était aimé des gens pour son affabilité et écoutait avec attention leurs revendications. « Ses victoires militaires ne suscitaient ni fierté ni vaine gloire, car elles n’étaient pas fondées sur des objectifs égoïstes. A l’époque de son apogée il conserva la même simplicité de comportement et d’apparence qu’au temps de l’adversité. Loin d’affecter une attitude de régent, il était mécontent lorsqu’entrant dans une pièce on lui témoignait des signes prononcés de déférence. S’il œuvrait pour une domination universelle, c’était celle de la foi, quant à la gouvernance temporelle qu’il utilisait sans ostentation, il ne cherchait pas à la perpétrer au sein de sa famille. » (4)

« Muhammad lui-même, après tout ce qui peut être dit de lui, n’était pas un homme soumis à ses sens…Sa vie domestique était frugale; du pain d’orge et de l’eau constituaient son régime quotidien; parfois, pendant des mois, le feu ne brillait pas dans l’âtre. On raconte avec fierté qu’il réparait ses propres chaussures, rapiéçait son manteau, sans se soucier des choses pour lesquelles l’homme du commun travaille… il portait en lui quelque chose de plus élevé que la simple satisfaction des désirs, sans quoi ces Arabes guerriers, s’étant battus et bousculés pendant vingt-trois ans à ses côtés, en contact constant avec lui, ne l’auraient pas tant révéré ! C’étaient des guerriers en proie à des querelles incessantes, à toutes sortes de féroces sincérités; sans vraies valeurs et vraie virilité, nul n’aurait pu les commander… Nul empereur arborant une couronne ne fut obéi comme cet homme enveloppé de sa propre influence. Seul un véritable héros pouvait surmonter vingt-trois années de rudes épreuves. » (5)

« Sa (i.e., celle de Muhammad) mémoire était acérée et fidèle, son esprit vif et convivial, son imagination sublime, son jugement clair, rapide et décisif. Il possédait le courage de la pensée et de l’action; et…la première représentation qu’il eût de sa mission divine porte la marque d’un génie supérieur et sans égal. » (6)

« Chef de l’état et de l’église », souligne Bosworth Smith, « il fut à la fois César et le Pape; mais il fut pape sans les prétentions de ce dernier, et César sans ses légions. Dénué d’armée, de gardes du corps, de palais, de revenu, s’il en est un qui avait un droit de dire qu’il régnait par le droit divin, c’était Mohammad, car il possédait tous les pouvoirs, sans leurs instruments, ni leurs soutiens. Il se tint au-dessus des titres et des cérémonies, du solennel trivial et des fiers protocoles en usage à la cour. Pour les rois héréditaires, les princes nés dans la soie, ces rituels sont aussi naturels que le souffle de la vie; mais ceux qui auraient dû se montrer plus avisés, même les souverains autoproclamés, et ceux que les dossiers de l’histoire ont mis en avant (un César, un Cromwell, un Napoléon) n’ont su résister à ces attraits de pacotille. Mohammad se contentait de la réalité, il ne se souciait pas des apparats du pouvoir. La simplicité de sa vie personnelle était en accord avec sa vie publique. Dieu, souligne Al-Bukhari, lui a offert les clés des trésors de la terre mais il ne les accepta pas. » (7)

« Nul homme ne s’est imposé volontairement ou involontairement un but plus sublime, car ce but dépassait l’humain: renverser les superstitions, qui s’étaient interposées entre l’homme et son Créateur; rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu; rétablir l’idée sacrée du Divin, au sein du chaos des dieux matériels de l’idolâtrie qui existaient alors. Nul autre n’a entrepris une tâche si éminemment supérieure avec si peu de moyens, car n’entrait dans la conception et l’exécution d’un tel dessein que lui-même, sans aucune aide hormis une poignée d’hommes vivant dans un coin du désert. Enfin, nul autre n’a accompli une révolution aussi vaste et durable au monde. Car moins de deux siècles après son émergence, l’Islam, par la foi et par les armes, a régné sur toute l’Arabie et a conquis au nom de Dieu la Perse, le Khorasan, la Transoxiane, l’Inde Occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Abyssinie, tout le continent connu de l’Afrique du Nord, un grand nombre d’îles de la Méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule.

« Si la grandeur de la cause, la petitesse des moyens et des résultats impressionnants sont les trois critères du génie humain, qui pourrait oser comparer n’importe quel grand homme de l’histoire moderne avec Muhammad ? Les hommes les plus célèbres n’ont créé que des armes, des lois et des empires. Ils n’ont rien fondé de plus que des pouvoirs matériels qui souvent s’effritèrent sous leurs yeux. Cet homme n’a pas déplacé que des armées, des législations, des empires, des peuples et des dynasties, mais des millions d’hommes dans un tiers d’un monde alors inhabité, et plus que cela, il déplaça les autels, les religions, les idées, et les âmes. Sur la base d’un Livre, dont chacune des lettres est devenue loi, il a créé une nationalité spirituelle qui mêla ensemble des peuples de toutes les langues et de toutes les ethnies. Il nous a laissé, comme une caractéristique indélébile de cette nationalité musulmane, l’aversion des faux dieux et la passion pour le Seul Dieu, l’Immatériel. Ce patriotisme vengeur dirigé contre la profanation du Paradis a formé la vertu des adeptes de Muhammad; la conquête par son dogme d’un tiers de la planète fut son miracle, ou plutôt, ce ne fut pas le miracle d’un homme mais celui de la raison. Le concept de l’Unicité de Dieu, proclamé dans un contexte d’épuisement des théogonies fabuleuses, était en soi un tel miracle que de par sa simple énonciation par ses lèvres, il détruisit tous les anciens temples d’idoles et embrasa un tiers de l’humanité. Sa vie, ses méditations, ses héroïques diatribes contre les superstitions de son pays, l’audace dont il faisait preuve en défiant les furies de l’idolâtrie, la fermeté de son endurance face à elles pendant quinze années à la Mecque, son acceptation du mépris publique et celle de devenir presque la victime de ses concitoyens, tout cela, et, finalement, son envol, son prêche incessant, ses guerres contre les impairs, sa foi en son succès et son sentiment de sécurité surhumain face au destin, sa tempérance dans la victoire, son ambition, qui était entièrement dévouée à une idée et en aucune façon à la convoitise pour un empire; ses prières incessantes, ses conversations mystiques avec Dieu, sa mort et son triomphe après la mort: tout ceci atteste non pas d’une imposture mais d’une ferme conviction qui lui conféra le pouvoir de restaurer un dogme. Ce dogme était double, l’Unicité de Dieu et l’Immatérialité de Dieu; l’un disant ce que Dieu est, l’autre ce que Dieu n’est pas; l’un renversant d’un coup d’épée les fausses divinités, l’autre matérialisant une idée nouvelle par des mots. 

« Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans image, le fondateur de vingt empires territoriaux et d’un unique empire spirituel, ainsi est Muhammad. Au regard de tous les standards par lesquels la grandeur humaine peut être mesurée, nous pouvons bien nous interroger, y a-t-il plus grand homme que lui ? » (8)

« …Ces Arabes, l’homme Muhammad et ce siècle en particulier, - n’est-ce pas qu’il semble qu’une étincelle soit tombée, une étincelle, sur un monde qui semblait fait de sables noirs peu remarquables, mais eh ! le sable s’avère être une poudre explosive, flambe jusqu’au plus haut des cieux de Delhi à Grenade; j’ai dit que le Grand Homme apparaissait toujours comme brillant depuis les Cieux, le reste des hommes attendaient de lui comme on attend du carburant, et ensuite eux aussi s’embrasaient. » (9)

« Il est impossible pour quiconque étudie la vie et la personnalité du grand Prophète d’Arabie, sait comment il pensait et vivait, de ressentie autre chose que de la révérence pour ce grand Prophète, un des grands messagers du Suprême. » (10)


Notes :

1. Stanley Lane-Poole: The Speeches and Table-Talk of the Prophet Mohammad, Introduction, pp. 27-30.

2. John Davenport: An Aplogy for Mohammad and the Koran, pp. 52- 53. 

3. A. C. Bouquet: Comparative Religion, Penguin Books, Harmondsworth, Middlesex, 1954, pp. 269-270.

4. Washington Irving: Muhammad and his successors, London 1909; pp. 192, 193, 199.

5. Thomas, Carlyle: On Heroes, Hero-Worship and the Heroic in History, p. 61. 

6. Edward Gibbon: The History of the Decline and Fall of the Roman Empire, London, 1838, vol. V, p. 355.

7. Bosworth Smith: Mohammad and Mohammadanism, p. 92.

8. Lamartine: Histoire de la Turquie, Paris 1854, Vol. 2, pp. 276-277. (Italiques du présent écrivain). 

9. Thomas Carlyle: op. cit, p. 311.

10. Annie Besant: The Life and Teachings of Muhammad, Madras 1932, p. 4.


Source : Les Fondements Coraniques et la Structure de la Société Musulmane Vol I - Dr. Muhammad Fazlur Rahman Ansari (ra)

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