Introduction (Partie 5) - LA QUETE ET LA QUALITE NON ASCETIQUE DE LA SPIRITUALITE - Dr. Muhammad Fazlur Rahman Ansari (ra)
Introduction (Partie 5)
LA QUETE ET LA QUALITE NON ASCETIQUE DE LA SPIRITUALITE
L’approche éthico-religieuse Coranique ne mène pas au mysticisme, mais à ce qu’on peut appeler le Purisme Dynamique fondé sur Sidq (véracité) et Safa (pureté) : le but et la fierté des commandements Sufī orthodoxes, dans l’histoire. Ils ont poursuit la quête éthico-religieuse Coranique avec grâce et sincérité – cette quête qui est l’essence même de l’Islam.
L’ultime but de la quête éthico-religieuse Coranique est la réalisation de Dieu. Mais cette quête est impossible sans la réalisation de soi-même, qui devient ainsi la nécessité première du Musulman.
La lutte pour la réalisation de soi-même se fonde sur trois dimensions: religieuse, éthique, et celle de l’intellect.
Malgré le fait qu’elle doit être entreprise comme la première étape dans l’exercice de la réalisation de Dieu, elle conduit de façon simultanée à une connaissance que l’on pourrait alors appeler la « Connaissance de la Science spirituelle ». Cette connaissance est scientifique car elle se fonde, comme la physique, sur l’observation et la vérification. Les parapsychologues actuels concernés par l’aspect psychique uniquement, ont affirmé la Perception Extrasensorielle, la signification astrale, etc. Mais la Science spirituelle, telle qu’elle est délivrée par les véritables enseignants Sufī, a atteint une hauteur considérablement plus élevée. La révélation faite par des personnes telles que Rumi et Ibn-al Arabi de vérités plus éminentes découvertes récemment par la science physique, est un événement de poids.
Assurément, Bid’ah (i.e., les pratiques spirituelles qui violent l’Islam) ainsi que les superstitions doivent être condamnées par tous les Musulmans. Cependant, condamner la Science spirituelle en elle-même est injustifié.
La prière et le jeûne jouent un rôle crucial dans la Culture Spirituelle Coranique.
La prière est une discipline célébrant la Communion du fini et de l’Infini. Elle extirpe l’individu fini de la servitude au fini et lui ouvre la voie à un progrès infini. La prière est donc progrès. Le jeûne permet de s’exercer au contrôle de soi, clé du progrès spirituel.
Les ennemis de l’Islam ont propagé l’allégation qui soutient que parce qu’il autorise la polygamie, le Coran enseigne la complaisance sexuelle, ce qui n’est pas en harmonie avec la quête de la finesse spirituelle et du progrès. En réalité, cette allégation est fondée sur l’ancienne conception erronée de l’éthique ascétique selon laquelle l’assouvissement des besoins biologiques naturels sexuels est considérée comme impie, alors que du point de vue Coranique, il est sacré car en totale conformité avec le Plan Divin, seule la débauche étant considérée comme impie. Ainsi, l’autorisation de bigamie encadrée et définie n’a pas été prescrite pour permettre la débauche sexuelle mais uniquement comme alternative à la promiscuité et à la prostitution, qu’elle réussit à éliminer, et en ceci elle se différencie nettement des philosophies ascétique et monogamique. L’histoire de la Chrétienté à l’Age de la Foi témoigne de l’emprise de débauche plus laide encore sur les adeptes de la Sainteté, et d’autant plus sur le peuple. En outre, d’autres ouvrages traitant de ce sujet, comme « Histoire du Célibat Sacerdotal dans l’Eglise Chrétienne » écrit par Henry C. Lea, un savant chrétien très pieu, publié par l’University Books Inc., USA, 1966, suffisent pour fournir une estimation correcte du désastre moral perpétué par cette philosophie erronée. Enfin, la civilisation moderne occidentale enregistre le plus abominable record de débauche, un record jamais dépassé dans l’histoire des civilisations humaines.
Les ennemis de l’Islam étendent aussi leurs allégations jusqu’à la personne du Saint Prophète Muhammad (pbsl) jusqu’au point de lui refuser, malgré des qualités de caractère si superbement éminentes, même les bontés et grandeurs spirituelles les plus basiques, simplement en se basant sur le fait qu’il pratiquait la polygamie. Mais quels sont les faits ? Primo, la totalité de sa vie personnelle était une vie de guerre contre le confort, l’opulence, le luxe, et la complaisance envers soi-même en général. En effet, ce fut d’un bout à l’autre une vie d’austérité, durant laquelle, même au sommet de son pouvoir matériel, il vivait dans une maisonnette de terre au toit de chaume, passait ses journées dans la faim et le labeur, et passait la plus grande partie de ses nuits à prier Dieu. Secundo, il adopta la polygamie au crépuscule de sa vie, ayant mené une vie monogame exemplaire depuis l’âge de 25 ans jusqu’à l’âge de 50 ans en compagnie d’une femme deux fois veuve qui était de 15 ans son aînée. Tertio, au cours de la période polygame, il y avait Dame Ayesha, qui était une vierge de 17 ans à l’époque du mariage, ainsi que celles qui étaient veuves ou divorcées, et il y avait même celles qui, au jour de leur mariage avec lui étaient déjà si âgées qu’elles avaient dépassé la limite de l’aptitude à la vie maritale. Tous ces faits démolissent intégralement la base même de l’insinuation citée précédemment, et établissent en lieu et place, la vérité selon laquelle le Saint Prophète (pbsl) a adopté la polygamie pendant la période médinoise de sa vie seulement pour la cause de sa noble et sacrée mission – et ceci dans la perspective d’un double accomplissement. Premièrement, dans la société tribale arabe de l’époque, au sein de laquelle une des conditions fondamentales du succès de sa mission repose dans l’unification de tribus hostiles les unes aux autres, l’un des instruments les plus patents de leur unification, en composant avec la mentalité des Arabes de cette période, consistait en leur unification à travers une affinité centrée sur sa personne – et en ce sens ses mariages ont fait figure de contribution, de signal. Deuxièmement, à travers ces différents mariages il fut capable d’édifier en les personnes de ses femmes les enseignantes les plus accomplies et des incarnations de l’Islam à la faveur de la propagation de la Connaissance Islamique dans le monde féminin.
Source : Les Fondements Coraniques et la Structure de la Société Musulmane Vol I - Dr. Muhammad Fazlur Rahman Ansari (ra)
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